Rêver le bois : l’utilisation du bois dans des projets plutôt futuristes
Publié le vendredi 5 mai 2017, 13:00 - par AFAT

D’après la conférence intitulée La Magie du bois donnée en janvier 2017 par M. André Denis, du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs

Si vous pensez qu’on a fait le tour et que les utilisations faites avec le bois se limitent à ce que vous connaissez, lisez ceci! Il semble que le bois va vous surprendre. En ce Mois de l’arbre et des forêts, voici quelques projets étonnants, faits de bois. Les propos suivants sont tirés de différentes nouvelles médiatiques parues un peu partout dans le monde. L’objectif est de montrer des créations qui sortent de l’ordinaire et frappent l’imaginaire.

L’Empire State Building de New York construit tout en bois, ça n’existe pas, enfin… pas encore! Mais ce n’est qu’une question de temps si l’on en croit diverses initiatives en développement sur la planète, dont celle d’une entreprise finlandaise, Metsä Wood, qui travaille sur la faisabilité de reproduire en bois les immeubles icônes dans le monde, dont celui-ci. Surprenant, non?

Pas si surprenant quand on apprend que c’est en fait la suite logique d’un concours intitulé Plan B lancé l’an dernier par la même entreprise. Ayant pour objectif de mousser les projets en construction bois au sein des grandes villes, cette initiative va progresser au gré des constats liés aux problématiques urbaines qui se dessinent et pour lesquelles le bois sera assurément une solution. En effet, les prédictions sont qu’en 2050, 7 personnes sur 10 vivront en milieu urbain. Cette quantité faramineuse de gens qui s’ajoutent créera une crise du logement qui ne peut être réglée par la seule idée de l’étalement urbain, souvent déjà maximisé, des villes. Il faut donc penser autrement, penser agrandir par le haut en ajoutant des étages sur tous les bâtiments déjà en place. Cette solution est impossible à réaliser avec les matériaux courants, beaucoup trop lourds pour la capacité portante des édifices existants. Mais cela devient possible si c’est construit en bois, car avec sa bonne capacité structurale, ce matériau reste beaucoup plus léger que les autres matériaux courants. Cette caractéristique est primordiale pour la réussite de cette entreprise. En prime, le bois est écologique, car il séquestre le carbone emmagasiné en lui et permet ainsi aux villes de compenser une partie de tous les gaz à effet de serre (GES) qu’elles produisent.

En ce moment, les projets d’agrandissement par le haut, par l’ajout d’étages en bois, sont encore marginaux, mais parions que cette tendance augmentera en flèche au cours des prochaines décennies quand le milieu de la construction n’aura d’autres choix que d’appliquer les solutions possibles et écologiquement responsables aux problèmes de densification des milieux urbains.

Construire en bois brulé

Empruntant une expertise développée au Japon, un architecte de New York a imaginé un bâtiment de dix étages en bois de structure pré-brûlé. Pourquoi un produit pré-carbonisé? La structure présente alors une meilleure résistance au feu, comme pour le charbon. L’édifice ainsi construit aurait également une meilleure résistance aux insectes, qui sont pour la plupart rebutés par ce traitement hors du commun. Ce concept est en instance d’approbation auprès des autorités et il semble avoir d’excellentes chances d’aller de l’avant.

Du bois transparent

Technologie développée en Suède, le bois transparent existe. On y arrive, semble-t-il, en extrayant la lignine du bois jusqu’à l’atteinte d’un niveau de transparence de 85 %. Utilisé dans le domaine de la construction, il présenterait une meilleure rigidité que le bois normal (jusqu’à trois fois). C’est toutefois sur le plan de la propagation de la lumière qu’il surprend. Normalement, la lumière du jour pénètre par une fenêtre et projette les rayons du soleil à un endroit restreint en fonction de l’angle. La luminosité change donc continuellement, suivant les déplacements des rayons en cours de journée. Dans une construction en bois transparent, l’angle des rayons suit le grain du bois. La diffusion de la lumière peut donc être orientée et fixe, offrant ainsi une stabilité d’éclairage tout au long de la journée et apportant plusieurs avantages, notamment la stabilité de la température intérieure du bâtiment.

Biocarburant

Le secteur de l’aérospatiale cherche constamment à réduire ses coûts et ses émissions de gaz à effet de serre. Plusieurs recherches sont en cours dans le monde pour améliorer l’utilisation de carburants substituts du pétrole. Ainsi, les biocarburants produits à partir de biomasse forestière (bois) ont probablement un bel avenir. À cet effet, une entreprise forestière de la Colombie-Britannique, Camfor, a signé un partenariat avec des Australiens pour la production de biocarburant spécifiquement pour le domaine de l’aviation. Le Québec n’en est pas à cette étape. Cependant, à Port-Cartier sur la Côte-Nord, une bioraffinerie en construction sera en opération en 2018. AE Côte-Nord vise le marché du chauffage et non de l’aviation, mais positionne tout de même le Québec dans ce créneau particulier. D’autres projets font l’objet de discussions, notamment à La Tuque en Mauricie, à Montréal et en Estrie où Domtar s’intéresse de près au bioraffinage. Parions qu’une grande place sera à combler dans un avenir proche dans ce domaine.

L’arbre aux 40 fruits

Un professeur de New York a réussi à rendre à terme une expérience surprenante, soit la création d’un arbre portant une quarantaine de boutures d’arbres fruitiers différents sur la même tige. Cet arbre fleurit et produit des fruits, entre autres des pommes, pêches, poires, prunes, cerises et autres, sur le même arbre. Hé oui, ça existe, et ce, en 16 exemplaires sur le territoire des États‑Unis.

Toute une série de projets sont en cours à l’échelle de la planète. Si certains semblent voués à un avenir prometteur, d’autres resteront chimériques. Le développement de nouveaux produits à partir de cette ressource fantastique qu’est le bois n’a pas fini de nous surprendre. L’imagination semble être la seule limite à ce qu’on peut faire avec le bois.

 

Crédit: Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs

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