Les produits du bois pour lutter activement contre les changements climatiques
Publié le lundi 25 mai 2015, 11:00 - par AFAT

Par Pierre-Olivier Boucher, économiste au ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs

 

Les forêts ont quelque chose de fascinant et de grandiose, qui suscite les passions. Tous les Québécois y sont attachés, qu’ils en vivent ou non et tous ont à cœur leur préservation. Les forêts jouent un rôle essentiel dans la purification de l’air que l’on respire, et plusieurs les perçoivent, d’une façon imagée, comme les « poumons » de la planète. Cela reflète bien la perception partagée dans la population de l’importance qu’elles ont pour l’environnement. Cependant, les produits fabriqués issus de ces mêmes arbres ne partagent pas encore cette aura écologique dans l’imaginaire collectif, bien qu’ils constituent également un instrument puissant de lutte contre les changements climatiques.

Voyons les processus qui permettent aux produits en bois de jouer ce rôle méconnu.

Les forêts : des usines entièrement naturelles

Peut-être cet aspect fascinant des forêts découle-t-il de la créativité de la nature qui nous a munis de formidables usines entièrement naturelles que sont les arbres. Par le processus de la photosynthèse et à l’aide de l’énergie solaire, les arbres tout au long de leur croissance et jusqu’à leur maturité, absorbent le dioxyde de carbone (CO2) présent dans l’atmosphère et conservent le carbone dans la fibre de bois qu’ils « fabriquent ». En fait, la moitié de la masse du bois est constituée de ce carbone organique. En plus de purifier l’air, les forêts agissent donc comme un immense réservoir de carbone, carbone soutiré de l’atmosphère et stocké dans le bois dont les arbres sont faits.

Les produits en bois : des réservoirs de carbone au-delà des forêts

Il existe un fait tout aussi remarquable, mais certainement moins connu : une grande partie du carbone capté en forêt est conservé dans les produits faits de bois, et ce, pour la durée de leur usage. Autrement dit, un second réservoir de carbone existe au-delà de la forêt et se compose de tous les produits faits en bois que l’on utilise, par exemple, dans les meubles et les bâtiments. C’est ici que réside une partie du potentiel que le matériau bois peut offrir dans la lutte contre les changements climatiques.

Lorsqu’un arbre est récolté afin d’être utilisé dans la fabrication de divers produits en bois, le carbone capté en forêt est conservé dans ces produits et y restera tant et aussi longtemps qu’ils seront en usage, le plus souvent plusieurs décennies. Un nouvel arbre pourra alors remplacer celui récolté et amorcer un nouveau cycle de captage du carbone, cycle qui se terminera lorsqu’il sera lui-même récolté pour entrer dans la fabrication de nouveaux produits, et ainsi de suite.

La construction en bois : des bénéfices qui s’additionnent

Le carbone stocké dans les produits en bois, au-delà des arbres en forêt, n’est pourtant qu’une partie de leur potentiel de réduction des émissions de CO2. Lorsque le bois est utilisé dans les constructions pour remplacer d’autres matériaux dont la production requiert de grandes quantités d’énergie fossile, les émissions découlant de la fabrication de ceux-ci sont évitées. Cela s’explique par le fait que le bois est créé à partir de l’énergie solaire et que sa transformation en produits utiles nécessite peu d’énergie additionnelle, bien souvent renouvelable. En fait, bon nombre de matériaux en bois contiennent davantage de carbone que la quantité émise vers l’atmosphère au cours de leur fabrication.

L’utilisation du bois dans les constructions, s’il vient remplacer des matériaux plus polluants à produire, permet donc de réduire les émissions de CO2, réduction d’autant plus forte que leur usage gagne en importance. Ces réductions s’ajoutent également au carbone capté en forêt et emmagasiné dans ces mêmes matériaux. Ce potentiel de réduction est prometteur surtout dans les bâtiments commerciaux, institutionnels et industriels qui utilisent largement des matériaux non renouvelables et énergivores.

Les forêts : un potentiel plus grand que nature

Sous l’angle considéré ici, la récolte d’arbres pour en faire des produits en bois n’est plus la fin d’un service écologique, mais plutôt le point de départ d’un potentiel beaucoup plus important de réduction des gaz à effet de serre. Si cette récolte s’effectue dans le respect des bénéfices que procurent la forêt et en assurant son renouvellement, nous disposons donc d’un instrument remarquable pour réaliser ce potentiel. En ce sens, le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs travaille à la fois à promouvoir une plus grande utilisation du bois dans la construction et à assurer un aménagement durable de nos forêts.

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