Chronique forestière - Le papier
Publié le mercredi 8 avril 2015, 18:00 - par AFAT

En mai prochain, le Mois de l’arbre et des forêts sera célébré partout à travers le Québec sous le thème des applications surprenantes du bois. Si le bois est présent dans une multitude de produits souvent sans qu’on le soupçonne, il y en a au moins un que tout le monde connaît. Malgré que nous vivons dans un monde de plus en plus électronique, le papier demeure l’un des produits les plus présents dans nos vies.

Le papier est aussi parmi les plus anciens produits à faire partie de notre quotidien. Sa découverte remonte à plus de 2 000 ans, alors que ce sont les Chinois qui ont été les premiers à en fabriquer. Selon toute vraisemblance, le tout aurait été fait à partir d’écorce de mûrier. Vers 1 150, on a ensuite créé en Espagne la première machine à papier européenne. Pendant longtemps, le papier a été fabriqué à partir de fibres de chanvre, de lin et de coton. C’est l’augmentation de sa consommation qui a provoqué la recherche de nouvelles matières premières. En 1 840, c’est un Allemand du nom de Keller qui a eu l’idée de presser du bois contre une meule mouillée pour en extraire la fibre. Depuis, l’évolution s’est toujours poursuivie…

Aujourd’hui, contrairement à la croyance populaire, plus personne ne prend le chemin de la forêt pour aller couper des arbres en vue d’en faire du papier. Celui-ci est produit à partir des sous-produits des scieries : copeaux, sciures, planures, ainsi que papiers et cartons recyclés. Il est donc faux de dire que nous devons économiser le papier pour sauver des arbres.

Comment est-il fabriqué au juste ce fameux papier? Spécifions tout d’abord que le bois de cellulose est principalement constitué de fibres de cellulose collées ensemble par une substance appelée lignine. Pour transformer le bois en pâte, ces fibres doivent être séparées. Le bois écorcé est d’abord défibré, c’est-à-dire râpé à l’aide d’une meule à laquelle on ajoute beaucoup d’eau. Les fibres s’unissent ensuite lorsque l’eau est évacuée par la pression et la chaleur. On obtient alors une pâte homogène de type mécanique qui convient, par exemple, à la fabrication du papier journal.

Pour la préparation de la pâte chimique, le procédé diffère. Ce sont des agents chimiques qui sont utilisés pour dissoudre la lignine et libérer les longues fibres du bois sans les briser. Les papiers à base de pâte chimique offrent une grande résistance et sont utilisés notamment pour fabriquer des sacs d’épicerie.

La pâte de départ contient généralement plus de 99 % d’eau. Elle est projetée sur une toile en mouvement. L’action filtrante de la toile, combinée à celle d’un système de succion, permet d’extraire la majeure partie de l’eau contenue dans la pâte et de former une feuille. Cette grosse feuille est ensuite pressée entre des rouleaux pour enlever une quantité supplémentaire d’eau. Puis, la feuille passe à la section de la sécherie où ce qui reste d’eau est évaporée. L’étape de la finition permet ensuite d’obtenir les différents types de papier que nous connaissons.

Au Québec, à peine une quarantaine d’usines de pâtes et papiers sont encore en opération. L’Abitibi-Témiscamingue a la chance de compter sur l’une d’elles avec la présence de l’usine de produits forestiers Résolu, à Amos. Longtemps connue comme étant l’usine d’Abitibibowater, cette usine de papier journal fabrique du papier depuis 1982. Elle a été la première au monde à produire de la pâte 100 % thermomécanique, un procédé rendant le bois plus malléable. L’usine emploie aujourd’hui près de 150 personnes.

Que serait un bon rhume sans mouchoirs en papier? Que serait Noël ou votre anniversaire sans le déballage de cadeaux? Pensez à tous vos souvenirs immortalisés sur du papier. Imaginez un instant votre vie sans papier…

Prochaine chronique : La forêt qui guérit

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